Le lago General Carrera se referme ici, ou du moins passe la main au río Baker, le plus gros fleuve du Chili, qui se charge de mener ses eaux poissonneuses jusqu’au Pacifique. En devenant le río Baker, le bleu déjà intense du lac se transforme en une couleur si pure, si intense, une couleur qui happe le regard et ne le lâche plus, que je peux dire qu’il n’y a pas de mots pour la décrire, en fait, c’est un bleu dont la nuance n’existe pas dans le vocabulaire courant. Ni turquoise ni cobalt, encore moins outremer ou céruléen, pas plus que pétrole, pervenche ni aucune autre des multiples nuances de bleu. Il s’écoule, tranquille, ignorant du regard des hommes...